Pourquoi je rêvais de ParisJ’ai grandi dans une toute petite ville dans le sud de la France, nommée Toulon, puis à l’âge de 10 ans je me suis installée avec ma famille à Six-Fours les plages. Minuscule commune, dont je vous défie de savoir placer sur une carte ;) ! J’ai finalement toujours vécu dans le sud, sous le soleil, baignant dans l’insouciance la plus profonde du monde des bisounours.

Après mon bac littéraire et beaucoup de tâtonnements sur mon orientation, j’ai finalement réalisé que j’aimais écrire et que je voulais en faire mon métier. Je me rendais compte que je dévorais des magazines depuis mon plus jeune âge; « Miss », « Jeune et Jolie », « 20 ans », (vous vous souvenez de ces mags ?) « Glamour », « Cosmo » et maintenant « Elle ». Malheureusement ce n’est pas dans le sud qu’on peut réaliser ce type de rêve… Mais trop peureuse et un poil chauvine faut l’avouer, je me suis dit « Paris ? Pas tout de suite » et pourtant je le voulais. Alors j’ai entamé une licence de Lettres Modernes et j’ai intégré pour mes masters l’institut Ingémédia avec pour spécialité la Rédaction Web.

Mais est venu le moment où il a fallu faire des choix stratégiques, à savoir où faire mes stages. Monter sur Paris signifiait toucher enfin mon rêve de vivre dans la capitale, rentrer dans un groupe de presse féminine et devenir rédactrice mode. Le graaaaaal ! Et pourquoi pas en prime, devenir journaliste mode ! Mais la contrepartie de ce rêve, c’était aussi couper des liens physiques avec ma famille et plus particulièrement avec mes petites soeurs. J’ai toujours été la petite peureuse, celle en qui on ne croyait que trop moyennement, celle à qui on disait « pfff tu resteras dans le sud avec ton copain » (que j’avais depuis 5 ans à cette époque). Mais j’ai ouvert les yeux, les nanas qui me disaient ce genre de choses n’étaient pas vraiment des amies. Et puis j’ai perdu en route, (quelques années plus tôt), mais en prenais vraiment à ce moment de ma vie, un être cher. Cet être qui est présent près de moi à travers mes tatouages (mais ça c’est un prochain sujet)… Je me suis rendue compte que la vie était trop courte. Trop courte pour avoir peur, trop courte pour ne pas sauter le pas et trop courte pour garder ce rêve enfouit sans y prêter toute l’attention qu’il mérite.

J’ai poussé les portes de la rédaction d’un des sites du Groupe Marie Claire, en tant que stagiaire, entourée d’une équipe géniale. Avec mon blog d’un côté et cette opportunité de l’autre j’ai goûté aux joies des soirées privées, de rentrer en taxi, d’assister à des défilés, rencontrer des grands créateurs mais aussi les réunions éditoriales le lundi matin, la méga cantine dans laquelle les salades et yaourt à 0% pleuvaient. Je voulais être de celles qui ne mangent que ça, mais moi je prenais une assiette de frites.

Grâce à Paris, j’ai également pu visiter des musées, « Gorges Pompidou », « La maison de Victor Hugo », « Le quai Branly »… et enrichir ma culture. Rencontrer des amis et amies véritables, mais aussi rencontrer l’amour le vrai. Celui qui croit en moi et me pousse à chaque moment, celui que j’appelle par des noms affectifs ou encore mon coéquipier. Je suis aussi partie à l’assaut des restaurants j’ai découvert que j’avais un faible pour le japonais, et à ce moment-là, parce que je pouvais même me le payer moi-même. #Proud. Je suis même passée par la case « colocataires » assez longtemps pour me dire que ça ne m’arriverait plus jamais.

Je rêvais de m’installer dans le best quartier ever ! Et c’est désormais chose faite je suis dans le 3 ème, pour celles qui se posent la question c’est le Marais ! Avec tout ce qu’il comporte, des gens fabuleux, des boutiques et des friperies à n’en plus finir.
J’ai gouté les joies de m’offrir un sac à mains Marc Jacobs, m’offrir une vraie marinière Jean Paul Gaultier, parce que Paris c’est quand même la capitale de la mode. Et par-dessus tout, j’ai pu offrir un pied-à-terre à ma famille sur Paris.

Mais intrinsèquement en plus de rêver de Paris, je voulais devenir La Parisienne. La définition de la Parisienne, c’est Emmanuelle Alt qui la définit mieux que je ne saurai le faire et qui a su mettre à l’écrit tout ce que je pense. Je vous l’avais déjà posté ici il y a quelques semaines mais je vous la remets : « La Parisienne est-elle réelle? On peut se le demander. Elle paraît si sûre d’elle. Elle fait si peu d’efforts. C’est parfaitement injuste, tout ce qui coûte aux autres lui est parfaitement naturel. S’habiller (en imposant son style), s’amuser rester mince (ou non. On dit alors qu’elle a de jolies formes), plaire. Car elle séduit la terre entière. Hommes et femmes. Bien entendu, son charme n’est jamais plus dévastateur qu’à l’étranger. C’est simple on dirait qu’elle n’a qu’à respirer Paris, flâner en bord de Seine. La parisienne a déjà son ticket pour l’éternité« . Je voulais être cette femme ! Mais Paris m’a apporté bien plus que ce stéréotype, qui finalement n’est une vaste image mentale, puisque je suis ici depuis presque 3 ans et que je ne l’ai jamais rencontrée cette Parisienne… Paris m’a apporté ma personnalité.

En côtoyant une ville qui a du caractère et du chien, j’ai rencontré des personnes avec des teintes différentes. Au départ, je me sentais bête, parce que je pensais ne pas avoir de choses intéressantes à dire, il ne m’était pas arrivée d’aventures extraordinaires, je n’étais pas une bobo, ni une hipster, ni une mannequin… Et je me suis rendue compte que ma force était justement là. Je suis différente, je suis « une sudiste à Paris », une sudiste souriante même lorsqu’elle prend le métro. Qui danse quand un musicien des rues fait de la bonne musique, même devant une foule. Je me surprends à ne plus manger de viande parce que j’ai pris conscience que beaucoup de choses dans la chaine alimentaire me scandalisent (sujet pour plus tard !), parce que je m’intéresse à ce qui m’entoure et aux autres êtres vivants. J’apprends à dire non lorsque je ne suis pas d’accord, et me poser sans cesse des questions. Je n’ai pas peur de tenter des expériences professionnelles, comme la radio même si c’est juste parce que je demande à essayer. Je bois du thé, j’aime faire du vélo et je m surprends même donner l’orientation à des touristes lorsque je le peux. (Parce que oui je ne connais toujours pas la ville lumière comme ma poche et que je me perds souvent). Paris m’a permis de m’affirmer, de ne plus avoir peur de voir bien plus loin et pourquoi pas d’ici quelques années, c’est New York me promettra bien plus de choses.

Alors oui poursuivez vos rêves, même si on vous dit que vous n’y arriverez pas. Bien au contraire d’ailleurs. Peu importe votre âge, votre position géographique ou même votre situation. Parce que suivre ses rêves vous permettra une émancipation que vous ne trouverez nulle part ailleurs.

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